Les dérives de la communication à tout prix.


De la découverte citoyenne…

Le dimanche 30 novembre 2014 devait être une journée propreté pour notre commune, mais un habitant est tombé sur les coulisses pathétiques de cet événement.

Soucieuse de visibiliser un intérêt pour l’environnement, l’administration communale participe à l’action « Ma commune propre, je participe ». Cette action vise, par la mobilisation citoyenne à impliquer les habitants dans le nettoyage d’un quartier. Avec l’aide de sa population et des jeunes de l’entité, l’administration communale voulait se draper de la meilleure toison, mais c’est un rideau de douche (froide) qu’elle expose… à l’insu, nous le supposons, de tous les acteurs.

En ce matin du 30 novembre 2014, pendant que des citoyens se mobilisent et que des parents sensibilisent leur enfant à la pertinence de cette journée, du personnel communal de la voirie, sur injonction d’une autorité à ce jour inconnue, déverse ici et là, dans un quartier déterminé, divers déchets (dont des documents administratifs sensibles de citoyens) collectés au sein de sa propre administration.

Cette démarche reste pour nous INJUSTIFIABLE et pose réellement la question du SENS de l’action dont l’autorité communale veut se draper… Une autorité de l’administration communale met en scène la pollution de son territoire pour illustrer son action vis-à-vis de l’environnement.

Nous ne pouvons que nous questionner sur les coûts d’une telle opération. Son coût financier d’abord découlant du ramassage et déversage des déchets, mais également son coût moral… un personnel de la voirie qui se voit contraint de défaire un travail quotidien, en organisant des déversages d’immondices, des habitants mobilisés que l’on trompe, une jeunesse instrumentalisée, des partenaires (la région wallonne et l’intercommunale Hygéa) abusés. Une administration communale entachée par une regrettable mise en scène et contrevenant à son propre règlement général de police (article 45).

A l’interpellation citoyenne…

Ce 31 mars 2015, les conseillers communaux de la commune et les habitants de Jurbise ont pris connaissance d’une interpellation citoyenne posée plus de trois mois plus tôt par l’habitant « témoin ». Si, heureusement, l’interpellation n’a pas été touchée par une quelconque prescription, nous ne pouvons que regretter la réponse tardive d’un exécutif communal probablement incommodé.

Passons, le premier report de l’interpellation à l’occasion du conseil communal du 16 décembre 2014.

Passons, cette invitation à l’adresse du citoyen, d’une personne mandatée par le collège pour l’inviter, après explication, à retirer son interpellation.

Passons encore, l’omission de l’interpellation au conseil communal de février 2015, sous le motif de : « la personne mandatée par le collège a précisé que l’interpellation avait été retirée par le citoyen. »

Passons ! Ne voyons pas d’entraves à un droit démocratique énoncé dans le code de démocratie local et dans le règlement d’ordre intérieur du conseil communal de Jurbise.

L’explication donnée par l’exécutif communal apparaît sans surprise, il reporte la responsabilité de cette pollution organisée sur la seule initiative d’un membre du personnel communal. Personnel qui aurait néanmoins été « contraint » d’une telle démarche par deux réalités : la propreté quotidienne des rues de l’entité et la nécessité de sécuriser le ramassage des jeunes patronnés.

Ce sera la seule réponse donnée par l’autorité communale.
Pourtant, il existe sur l’entité communale des zones dans lesquelles s’accumulent plus régulièrement des déchets sans pour autant être des voiries dangereuses. Il aurait donc été possible d’organiser une véritable opération de nettoyage.

Notre lecture de l’organisation apparaît différente. Pour nous, tant le service de propreté que les jeunes du patros ont été contraints de participer à cette action de «com » malgré les objections émises par les différents intervenants.

L’impératif de communication imposé par l’exécutif communal autour de l’action « Ma commune propre, je participe » risque pourtant de transformer certains citoyens en assistés qui pensent de toute façon que la commune passera derrière pour ramasser leurs déchets.
En consacrant réellement un peu de temps à la préparation de cette action, l’autorité communale aurait pu envisager d’autres actions ; la sensibilisation au tri des déchets ou la mise en avant du travail quotidien effectué par les équipes communales.

« Ma commune propre, je participe » …. Et bien, pas vraiment !

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